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AUTV, La ronda dels cims

16 pics Herculéens

© followourtrack.fr

La « Ronda dels Cims » 170 km, 13 500 mètres de dénivelé pour une barrière horaire de 62h offre un tour complet de la Principauté d’Andorre en passant par son point culminant, le Pic du Comapedrosa à 2942 m. Cet Ultra ne fait pas parti des Ultra-Trails connus du grand public. Cependant, cette course par ses spécificités a de quoi faire fantasmer tout Ultra-Trailer aguerri. Accrocher cet Ultra-Trail à son palmarès et en devenir l’un des finishers relève d’un exploit jubilatoire.

Cette course qui a su rester familiale regroupe moins de 500 participants, elle fait traverser des paysages à couper le souffle sur un parcours d’une haute technicité. Par son niveau de difficulté, le nombre de nationalités présentes mais également le faible nombre de coureurs qui y participe, cette course revêt un caractère exclusif qui, là aussi, constitue l’un des éléments de son charme. Pour ne rien gâcher, l’organisation andorrane, la qualité des ravitaillements, l’ambiance de cet Ultra-Trail le rendent très attachant.

Enfin, l’une des caractéristiques de cette course est qu’elle permettra à toute la famille de passer un super moment. En effet, n’oubliez pas que vous êtes en Andorre pays dédié au tourisme vert de montagne qui, en été, offre de nombreuses possibilités et un hébergement de grande qualité à prix accessible.

Pour nous cette course fait partie des « majors »

16 pics, ou les 16 travaux d’Andorre

Très exigeant, comportant peu de portions de transition et comme son nom l’indique, constitué d’une succession incessante de cimes (16 au total) situées entre 2 600 et 3 000 mètres d’altitude, la Ronda dels Cims est une course de haute montagne en forme de boucle (votre lieu de départ, sera votre lieu d’arrivée). Les coureurs traversent les massifs de la principauté d’Andorre en longeant les frontières françaises et espagnoles. Comme toute course située dans les Pyrénées à cette altitude, elle conjugue la possibilité de rencontrer de la neige, une chaleur parfois écrasante et des orages de grêle impressionnant par leur violence et leur durée.

La Ronda dels Cims n’est que l’un des trois Ultra-Trails de l’Andorra Ultra-Trail Vallnord (la Mític 112 km pour 9 700 m de dénivelé et l’Eufòria, qui se court en tandem, 233 km pour 20 000 m de dénivelé) qui animent cette semaine de courses en Andorre. Au total, ce sont plus de 3 500 coureurs qui parcourent la principauté d’Andorre durant l’Andorra Ultra-Trail Vallnord. Comme vous le voyez, on est loin des grandes armadas type le « Grand Raid de la Réunion » (6 000 coureurs) ou le Festival des Templiers (12 000 coureurs). C’est une course à très haute exigence qui va nécessiter une préparation en quelque sorte de « grimpeur ».

A chaque année son Hercule

A l’instar du GRP (Grand Raid des Pyrénées) que l’on pourrait qualifier de grand frère, la Ronda dels Cims est un Ultra-Trail récent. Cette course a été organisée pour la première fois en 2009.

Comme le profil de beaucoup d’autres Ultra-Trails, celui de la Ronda dels Cims va être soumis à plusieurs modifications au fil des années (90 km en 2009, 112 km en 2010, 170 km en 2011, 184 km en 2013 et enfin 170 km depuis 2014).

En dix ans d’existence, des athlètes sont sortis du lot. On retiendra :

  • Kílian JORNET, recordman du 90 km en 2009 (10h 36mn) ; Judit CASAS ALVAREZ, recordwoman du 90 km en 2009 (12h 46mn).
  • Julien CHORIER, recordman du 112 km en 2010 (17h 50mn) ; Judit CASAS ALVAREZ, recordwoman du 112 km en 2012 (25h 56mn).
  • Miguel Angel HERAS HERNANDEZ, recordman du 170 km en 2011 (30h 04mn) ; Loreto GARCIA FUENTES, recordwoman du 170 km en 2011 (49h 12mn).
  • Julien CHORIER, recordman du 184 km en 2013 (28h 41mn) ; Francesc CANEPA, recordwoman du 184 km en 2013 (36h 18mn).
  • Francesc SOLÉ DUOCASTELLA, recordman du 170 km en 2014 (30h 20mn) ; Julia BÖTTGER, recordwoman du 170 km en 2014.
  • Albert HERRERO CASAS, recordman du 170 km en 2018 (31h 45mn) ; Darcy PICEU, recordwoman du 170 km en 2018 (36h 14mn).

D’autres athlètes se sont illustrés par leur nombre de victoire. On retiendra les 2 victoires de Judit CASAS ALVAREZ (2009 et 2010), les 2 victoires de Julien CHORIER (2012 et 2013) et les 2 victoires de Francesc SOLÉ DUOCASTELLA (2014 et 2015).

Si vous aussi vous souhaitez tenter les 16 travaux d’Andorre

Pour pouvoir vous inscrire à la Ronda dels Cims, vous devrez avoir couru au moins l’une des deux éditions précédentes ou prouvé que vous avez terminé soit une course de 100 km pour 4 500 m de dénivelé soit une course de 165 km pour 2 500 m de dénivelé. A noter qu’aucun point ITRA n’est requis pour cette course.

Une fois inscrits, vous serez soumis à un tirage au sort. Attention : sur les quelques 2 200 coureurs inscrits, seuls 450 coureurs seront sélectionnés.

Attention : plus la date du départ approche plus le prix de l’inscription augmente (165€ avant décembre, 185€ entre janvier et mars, 205€ entre mars et juin).

La Ronda de tous les superlatifs

crédit photo : © followourtrack.fr

La Ronda dels Cims se boucle en maximum 62 h (barrière horaire) tandis que les meilleurs la terminent en 30h – 31h. Ces résultats témoignent de la difficulté technique de cette course. Pour souvenir, l’UTMB pour la même distance est bouclée par les meilleurs en 20h. On mesure ici, l’effet des 3 500 m de dénivelé supplémentaires qu’enregistre la « Ronda » par rapport à l’UTMB et qui se traduit par un temps de course moyen supérieur de 10 h.

Même si la course est en autonomie, vous disposerez de 13 postes de ravitaillement dont 2 bases de vie (Margineda et Pas de la Casa) dans lesquelles l’assistance est autorisée. Les accompagnateurs peuvent accéder facilement à un grand nombre de ces points de ravitaillement.

De plus, l’organisation met à disposition une excellente cartographie, explique les moyens de transport possible (si vous n’avez pas de voiture) pour se rendre sur ces différents points. Enfin, lorsque les points de ravitaillements ne sont pas accessibles en voitures, des chemins de randonnée vous permettent de vous y rendre et ainsi de passer, vous aussi, un agréable moment en pleine nature.

On notera que les bases de vie permettent de prendre une douche.

Une ronde en 16 pics

Vous devrez retirer vous dossard la veille de la course. Un débriefe complet et précis de la course vous sera présenté dans un amphithéâtre avec une cartographie des conditions météorologiques heures par heures.

Le départ est donné à 7h dans le petit village d’Ordino (au passage magnifique). Contrairement aux majors de la catégorie compte tenu du nombre de participants, vous ne serez pas agglutinés sur la ligne de départ. Il n’y a pas de sas, vous y côtoierez donc les meilleurs.

A la différence par exemple de l’UTMB, vous n’attaquerez pas la course par plusieurs kilomètres « d’échauffement » mais directement par une montée. Cette première ascension ne présente pas de difficulté majeure. Il s’agit d’une monotrace en sous-bois dont la vraie difficulté est l’importance de son dénivelé (1 400 m). Attention de ne pas vous laissez enivrer. Le paysage est beau et l’alternance de faux plats montant donne envie de « partir » mais essayez d’en garder sous le pied.

Arrivés en haut de la « Collada Ferreroles », vous descendrez vers le premier poste de ravitaillement (Sorteny). Cette descente sera plutôt agréable puisqu’elle n’est pas technique. Vous devriez arriver à « Sorteny » autour de 11h. Il commencera à faire chaud sur cette portion du parcours, c’est là la difficulté majeure.

L’ascension du « Portella Rialp » qui suit ne présentera pas non plus de grand problème. Cependant, vous serez sous le zénith. Le cours d’eau qui longe cette portion de parcours pourra vous aider à vous rafraîchir. « Arcalís », ce deuxième point de ravitaillement, est également en hiver une station de ski. Elle possède une très large aire de pique-nique qui permet à un grand nombre d’accompagnateurs d’être présent. Profitez bien de cette ambiance très famille sans trop vous attarder.

Sans aucun répit, à la sortie « d’Arcalis » vous attaquerez l’ascension du « Clot Cavall », bonne préfiguration de la suite du parcours en terme de relief et de terrain.

Vous pourrez ensuite marquer une pause au « Refuge du Pla Estany » et vous préparer à l’ascension du « Pic Comapedrosa » (à 3 000 m d’altitude), l’une des quatre grosses difficultés de ce parcours, un véritable mur ! Grande technicité, succession d’amoncellements de pierre (pierriers très inégaux, instables) partie très physique et paysage grandiose. (courage!!)

Ronda Dels cims - Comapedrosa

crédit photo : © followourtrack.fr

En haut du pic, telle une récompense, vous rencontrerez certainement un joueur de corne muse, prenez une photo, et essayez de ne pas trop traîner. Le brouillard est présent. Il ne fera pas chaud et vous risquez le coup de froid. Attention, sur le dernier tronçon de montée et le début de la descente du pic (200 m), vous ne pourrez pas compter sur vos bâtons puisque vous serez obligés d’utiliser vos mains pour gravir les énormes blocs de pierre posés sur votre chemin. Au fait, ce pic correspond au sommet de l’Andorre à presque 3 000 m d’altitude.

Dans la descente, vous devriez rencontrer de la neige. Vous longerez le « lac noir » peut-être en étant obligés de faire du ski sur vos chaussures (ou de chausser vos crampons). Passé ces portions très techniques de la descente vous pourrez courir pour atteindre le refuge de Comapedrosa.

Entre le refuge de Comapedrosa et celui de Botella profitez de la vue et des larges segments peu techniques sur la portion dite « Portella Sanfons ». Il s’agit de lignes de crête (monotrace) qui vous permettront de courir et sur lesquelles la plus part des coureurs profiteront du coucher du soleil.
Arrivé au refuge de « Botella » vous pourrez vous restaurer très convenablement et vous reposer, si besoin. Théoriquement il fera donc nuit. Et ce très gros refuge (encore une station de ski) présente tous les conforts d’une base de vie bien qu’il ne s’agisse que d’un point de ravitaillement.

A la sortie de Botella, vous gravirez le col de la « Bony de la Pica ». Cette ascension est peu technique puisque c’est essentiellement du faux-plat. Garder des forces, un gros morceau arrive !
La descente vers « Margineda » se fera certainement de nuit. Le début n’est pas très technique mais les 7 km s’avèrent rapidement plus compliqués. Vous aurez peut-être à vous accrocher aux lignes de vie pour pouvoir progresser en toute sécurité (c’est du costaux).

La base de vie de « Margineda » vous permettra de vous doucher et de vous changer. Kinésithérapeutes et podologues seront à votre disposition. Suivant votre horaire d’arrivé ou le courage de votre famille, vos proches seront à vos côtés.

A la sortie de cette base de vie vous pourrez vous remettre en jambes dans les rues du village (Margineda) pour attaquer les 800 m de l’abrupte « Cortals Manyat ». Cette montée bien que dure passe assez facilement parce que située juste après la pose de la base de vie. Au sommet, vous basculerez sur une des rares zones de transition (routes de montagnes et des chemins de randonnée). Sur cette portion, vous pourrez facilement courir jusqu’au poste de ravitaillement de « Coma Bella », n’hésitez pas !

L’ascension suivante, celle du « Pic Negre », constitue l’une des grosses difficultés de la course. La première portion de cette montée se situe dans un sous-bois. La pente y est sévère et il vous faudra trouver un bon rythme. Là aussi, l’un des soucis que vous rencontrerez sera la chaleur. Si vous croisez quelqu’un qui à la sortie du sous-bois peut vous ravitailler en eau, n’hésitez pas. La suite de l’ascension se fera sans aucune difficulté technique mais elle sera très longue (1600 m de dénivelé au total) et sous un soleil de plomb.

Passé le « Pic Negre » vous vous retrouverez sur une portion qui vous permettra, là encore, de relancer un peu la machine et de courir pour atteindre « Claror ». Vous traverserez la magnifique « Vallée du Madriu-Perafita-Claror » déclarée patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. A « Claror » prenez le temps de vous restaurer et de boire. Vous devriez vous retrouver dans la partie de l’après midi où la force du soleil commence à descendre. La forme devrait revenir si vous avez été éprouvés par le Pic Nègre.

Entre le poste de ravitaillement « Claror » et « Collada Maiana » La course est agréable. Vous alternerez des portions techniques avec des portions plus roulantes. Le paysage vous enchantera et le dénivelé sera plutôt raisonnable.

L’ascension du « Coll Isards » est peu technique, vous pourrez dérouler sur ce tronçon (enfin tout est relatif) du Trail. La suite du parcours jusqu’au « Pas de la Casa » ne fait pas partie de segment les plus compliqué à passer. Seul bémol, bien évidemment, la gestion de votre course. Vous serez au 120 km de la course et celle-ci est loin d’être finie.

Profitez de la deuxième base de vie (Pas de la Casa) pour vous restaurer et voir vos accompagnants, la dernière partie de la course s’annonce rude.
La montée du « Pas de Vaques » sera particulièrement sèche et technique. Cependant, veillez à en garder sous le pied (encore) pour les deux derniers obstacles de la « Ronda dels Cims ». Vous pourrez admirer un lac qui se trouve au sommet du « Pas de Vaques ». La descente, vallonnée, vous permettra de maintenir votre allure.

Vous pourrez admirer les « Lacs de Siscaro » avant de marquer une pause à Inclès. Allez, pour la majorité d’entre vous il fera nuit. Rechargez, prenez une grande « respiration ». Si vous passez le prochain pic vous aurez course gagnée !

La « Cresta Cabana Sorda » (2 600 mètres d’altitude) sera la dernière difficulté majeure du Trail. A ce stade de la course, vous serez certainement exténués, le poste de ravitaillement « Coms de Juan » vous offrira tout ce dont vous aurez besoin pour surmonter cet avant-dernier col.
Enfin, le dernier tronçon de la course, l’ascension de « Collada Meners » sera forcément rude mais vous vous approchez de la fin !

A partir de « Collada Meners » (2 700 mètres d’altitude) vous n’aurez plus qu’à vous laisser rouler jusqu’à Ordino. Après le dernier poste de ravitaillement, Sorteny (encore lui), il ne vous restera plus que 12 km de descente et de « plat » à parcourir. Une belle monotrace que ceux qui auront encore du jus parcouront entre 11 et 13 km/h.
Au fait, gardez-en encore car les 500 derniers mètres remontent et tout le monde vous attend à l’arrivée.

La Ronda Dels Cims - photo 2

crédit photo : © followourtrack.fr

Equipements spéciaux ou pas ?

Vous pourrez retrouver la liste de l’équipement obligatoire sur le site officiel de l’Andorra Ultra Trail Vallnord (AUTV). Au mois de juillet, vous risquez de courir sous la chaleur estivale, prévoyez donc des vêtements légers et une très grande capacité d’eau.

Attention, on ne le répétera jamais assez. Vous êtes en montagne, il peut faire froid (très froid) et de grosses intempéries peuvent vous surprendre en un temps record. Les violents orages de l’édition de 2018 (grêle) nous l’auront prouvés encore. Il est donc indispensable de prévoir du change chaud (dans des compartiments étanches de votre sac à dos) pour éviter tout problème.

Suivant les années, vous aurez peut-être besoin de crampons. Si vous avez un doute, renseignez-vous auprès de l’organisation.

Et la famille…

Si votre famille n’a pas la possibilité de vous rejoindre sur la course, elle pourra suivre votre progression grâce aux différents lives Facebook de l’organisation qui sont réalisés tout au long du parcours et au balisage GPS.

Cependant, il est très probable qu’elle vous accompagne sur place. Là, si vous ne voulez pas utiliser votre voiture sachez que des autocars seront à disposition des accompagnateurs et de la presse pour voyager entre les postes de ravitaillement.

Conseils et préparation

Au-delà de l’inscription, prévoyez un budget pour votre hébergement et celui de vos accompagnateurs. L’organisation Andorra Ultra Trail Vallnord, met la liste des hébergements partenaires à votre disposition sur son site mais vous pourrez, bien sûr, faire votre réservation auprès de dizaines d’autres hôtels andorrans.

Bien plus qu’une préparation physique, la « Ronda dels Cims » nécessitera une intense préparation mentale et, plus que jamais, du renforcement musculaire de votre part. Vous allez peut-être vous sentir comme « écrasés par les montagnes andorranes » mais ne vous découragez pas. Pour éviter cela privilégiez une préparation à fort dénivelé en montagne.

Vous réussirez à boucler la « Ronda dels Cims » !

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