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Hardrock Endurance Run

Sur les traces des colons du Colorado

©Instagram @hardrock100run

La « Hardrock 100 », course mythique des Etats-Unis avec ses 162 km, 10 000 mètres de dénivelé et sa barrière horaire de 48h, n’a rien à envier à ses cousines européennes. Véritable pèlerinage, les coureurs s’élancent sur les traces des colons venus s’établir aux Etats-Unis au 19ème siècle. Ils découvrent les vestiges de la vie minière dans la région (puits de charbons laissés à l’abandon et authentique locomotive à vapeur).

Ce voyage à travers l’Histoire est pourtant loin d’être une promenade de santé. Faces aux Monts San Juan du Colorado, les coureurs s’engagent dans « une Course contre Mère Nature » (a Run against Mother Nature) qui saura les pousser dans leurs retranchements compte tenu de la technicité du parcours et des conditions climatiques de la région.

Cette course est une aventure à la découverte des Etats-Unis, bien loin de l’image des films hollywoodiens aussi bien pour les coureurs que pour les accompagnateurs, le tout marqué par la convivialité à l’américaine à chaque poste de ravitaillement. Une odyssée inoubliable qui se conclut par un baisé volé au « Rocher de la Hardrock 100 », preuve que vous êtes un « HardRocker ».

L’un des Ultra les plus exigent des USA

Considérée comme l’un des Ultra-Trail les plus exigeants des Etats-Unis, la « Hardrock 100 » traverse les massifs montagneux du Colorado. Chaque année, 145 coureurs parcourent 162 kilomètres de chemins rocailleux (parfois enneigés), de monotraces boueuses qui traversent des rivières et de pierriers dont l’ascension nécessite un effort physique intense.

Les Ultra-Trailers bravent une météo capricieuse typique des Etats-Unis en juillet, alternant entre chaleur écrasante, tombées de neiges et orages de grêle. L’organisation avertit les participants : cet Ultra-Trail sera « Wild & Tough » (Sauvage et Dur) compte tenu de la technicité du parcours (10 000 mètres de dénivelé cumulé) mais aussi des risques de feux de forêt.

De l’Angleterre au Colorado, sur les traces des colons

La « Hardrock 100 » ou « SD 100 » est un Ultra-Trail majeur des Etats-Unis. Depuis 1992, les trailers du monde entier souhaitent y participer.

Cette course chargée d’histoire est symbolique pour ses participants. Les coureurs suivent les pas des colons venus d’Angleterre qui ont décidé de s’établir dans le Colorado. Silverton, ville minière, témoigne de ce passé avec son train du 19ième siècle qui accueille les Ultra-Trailers au départ et à l’arrivée de la course.

La « Hardrock 100 » a forgé des légendes au fil des années. On retiendra :

  • David HORTON, recordman du 162 km de 1992 (32h 24min) ; Nancy HAMILTON, recordwoman du 162 km de 1992 (45h 47min).
  • Rick TRUJILLO, recordman du 162 km de 1996 (30h 44min) ; Betsy KALMEYER, recordwoman du 162 km de 1996 (40h 43min).
  • Kirk APT, recordman du 162 km de 2000 (29h 35min) ; Sue JOHNSTON, recordwoman du 162 km de 2000 (32h 20min).
  • Kyle SKAGGS, recordman du 162 km de 2008 (23h 23min) ; Diana FINKEL, recordwoman du 162 km de 2000 (31h 09min).
  • Julien CHORIER, recordman du 162 km de 2011 (25h 17min) ; Diana FINKEL, recordwoman du 162 km de 2011 (29h 27min).
  • Sébastien CHAIGNEAU, recordman du 162 km de 2013 (24h 25min) ; Darcy PICEU AFRICA, recordwoman du 162 km de 2013 (29h 49min).
  • Kílian JORNET, recordman du 162 km de 2017 (24h 32min) ; Caroline CHAVEROT, recordwoman du 162 km de 2017 (28h 31min).
  • Jeff BROWNING, recordman du 162 km de 2018 (26h 20min) ; Sabrina STANLEY, recordwoman du 162 km de 2018 (30h 23min).

On notera que les éditions de 1995 et de 2002 avaient été annulées à cause de la neige pour la première et des feux de forêt pour la deuxième. Attention, l’édition 2019 a elle aussi été annulée.

Des athlètes se sont aussi démarqués par leur nombre de victoires. On retiendra les 5 victoires de Betsy KALMEYER (1996, 1999, 2001, 2004 et 2006), les 5 victoires de Karl MELTZER (2001, 2003, 2005, 2006 et 2009), les 4 victoires de Diana FINKEL (2008, 2009, 2010 et 2011), les 4 victoires de Kílian JORNET (2014, 2015, 2016 et 2017) et les 3 victoires de Darcy PICEU AFRICA (2012, 2013 et 2014).

On félicitera aussi Kirk APT qui détient le record de participations. En 2018, il bouclait sa 22ième « Hardrock 100 ».

Comment rejoindre les traces des colons ?

Compte tenu de la technicité de la course, l’organisation exige des coureurs qu’ils prouvent avoir bouclé au moins l’une des courses qualificatives répertoriées sur le site de la « Hardrock 100 ».

Les coureurs devront également prouver avoir effectué un « service obligatoire » de 8h pour un Ultra-Trail : avoir aidé à l’organisation d’un Ultra-Trail, avoir aidé sur un poste de ravitaillement ou avoir travaillé sur le parcours d’un Ultra-Trail. Vous trouverez un formulaire à faire remplir par le directeur de la course concernée sur le site de la « Hardrock 100 ».

Si vous remplissez ces conditions, vous pouvez vous inscrire. Dès lors, vous êtes soumis à un tirage au sort : 45 places sont attribuées à des coureurs dont c’est la première « Hardrock », 33 places sont attribuées à des coureurs vétérans (qui ont participé à au moins 5 éditions de la « Hardrock ») et les 67 dernières places sont attribuées au reste des inscrits.

Dés barrières horaires très serrées

Hardrock Endurance Run
©Instagram @courtneydauwalter

La « Hardrock 100 » se boucle en maximum 48h alors que les meilleurs la bouclent en 23h – 24h. Les barrières horaires sont très courte, cette course ne s’adresse donc pas à des néophytes du trail.
Cet Ultra-Trail comporte 15 postes de ravitaillements dont la base de vie de « Ouray ». Les bénévoles accueillent les coureurs au son des cloches, on chante, on danse, le tout dans une ambiance familiale et intimiste.

Si vous aviez la chance d’être tiré au sort

La veille du départ, vous récupérez votre dossard puis serez rassemblés pour le bilan météorologique pour les deux jours à venir.

Le départ est donné à 6h du matin dans la ville de « Silverton ». Les coureurs s’accordent à dire que l’endroit est imprégné de la détermination des colons venus s’y établir. Petit plus pour vos accompagnateurs, cette ville est un musée géant, profitez de ce retour vers le passé ! Pourquoi ne pas s’offrir un petit tour de locomotive à vapeur ?

Vous sortirez de la ville par des routes bétonnées qui vous permettront de rapidement vous mettre en jambe. La technicité de cette course se manifeste dès la première ascension, celle du « Dives-Little Giant » (1200 mètres de dénivelé sur 5 km). Vous emprunterez un chemin rocailleux en sous-bois traversé par plusieurs rivières. Arrivés en haut, un magnifique lac turquoise (Island Lake) s’offre à vous, s’il n’y pas trop de brume, prenez des photos !

La descente vers le poste de ravitaillement de « Cunningham » (800 mètres de dénivelé) n’est pas très technique, la chaleur remplacera progressivement la brume et l’humidité.

L’ascension du « Grand Swamp Pass » ou « Green Mountain » (850 mètres de dénivelé sur 8 km), des champs à perte de vue, n’est pas très technique et agréable à courir mais la technicité augmente avec la montée. Au sommet, il y a souvent beaucoup de neige.

Vous enchaînerez par une légère descente de monotrace pas très technique (100 m de déniv) avant d’entamer la remontée vers « Buffalo Boy Ridge » (200 mètres de dénivelé), une ancienne mine au cadre idyllique.

Ensuite, vous descendrez vers le petit poste de ravitaillement « Maggie Gulch » (600 mètres de dénivelé sur 4 km) dont l’ambiance est familiale.
Déjà 25 kilomètres parcourus !

L’ascension du « Maggie-Pole Pass » (200 mètres de dénivelé), monotrace dégagé, chemin rocailleux parfois boueux, ponctué de neige et glissant.
Vous continuerez sur la descente vers « Pole Creek » (500 mètres de dénivelé sur 6 kilomètres), un autre petit ravitaillement à l’ambiance intimiste.

Une fois sortis du poste de ravitaillement, vous aurez à traverser plusieurs rivières et une section de marécages boueux et glissants, très technique.

Etape suivante : ascension vers le « Cataract Lake » (300 mètres de dénivelé), chemins boueux, traversée de rivières dans une végétation abondante. Vous serez certainement amenés à alterner entre des portions dégagées et des portions enneigées.

Descente très abrupte vers le ravitaillement de « Sherman » (700 mètres de dénivelé négatif), très technique, notamment en cas de neige. Vous aurez à traverser des rivières nécessitant un effort physique intense de votre part car section très glissante.

Hardrock Endurance Run
©Instagram @hardrock100run

Vous sortirez du poste de ravitaillement par des routes bétonnées. Puis vous longerez des falaises avant d’entamer l’ascension vers « Handies Peak » (1300 mètres de dénivelé sur 12 kilomètres), point culminant de la course (4300 mètres d’altitude). Sur votre chemin, vous rencontrerez le « Burrow Park », réserve naturelle, section de sous-bois avec la traversée d’un magnifique petit pont en bois.

Après la réserve naturelle, la voie se dégage, chemin rocailleux avec peut-être de la neige. En haut, vous pourrez profiter d’un magnifique panorama sur les lacs de la région.
La descente pour arriver au « Grouse-America Pass » (400 mètres de dénivelé sur 3 km) sera technique mais ne vous empêchera pas de courir (si votre état vous le permet !).

Ensuite, vous descendrez vers le ravitaillement de « Grouse Gulch » (900 mètres de dénivelé), monotrace en prairie, dégagé et peu technique. Votre « team » pourra vous y rejoindre.
Vous enchainerez par une montée en prairie peu technique et dégagée. C’est le moment de mettre du rythme !

La descente vers le poste de ravitaillement de « Engineer » (300 mètres de dénivelé) est tout aussi agréable et vous permettra de maintenir un bon rythme.

« Ouray », la base de vie (1300 mètres de dénivelé négatif), est un énorme site de camping, vous pourrez donc réellement profiter de votre famille. Profitez de la base de vie pour changer vos chaussettes, vous devez déjà avoir les pieds trempés et de nombreuses traversées de rivières sont à prévoir.

Avant d’arriver, vous longerez un canyon sur des single tracks très étroits. Si vous bénéficierez d’une magnifique vue sur les canyons, le parcours sera technique et les pierres sur le chemin ralentira peut-être votre progression. A la sortie de « Ouray », vous passerez dans un petit tunnel creusé dans la roche (Pensez à allumer votre frontale !).

Le chemin jusqu’au ravitaillement « Governor Basin » (1000 mètres sur 11 km) est dégagé mais technique et glissant. Le reste de la montée vers « Kroger’s Canteen » sera également très technique. Chaque année, la neige et l’humidité sont au rendez-vous… Faites attention et vous pourrez profiter d’une pause bien méritée !

Descente très raide vers « Telluride » (1300 mètres sur 10 km), chemin rocailleux, large et dégagé mais pas technique.

La montée vers « Oscar’s Pass » (1300 mètres de dénivelé sur 3 km) est technique. Section en sous-bois, large mais rocailleuse, traversée de rivières qui demandera un effort intense de votre part.

Descente abrupte jusqu’au ravitaillement de « Chapman Gulch » (1200 mètres sur 4 km), très technique compte tenu des pierriers et de la neige qui pourraient casser votre rythme.
La montée vers « Grant-Swamp Pass » (900 mètres sur 5 km) consiste en un chemin dégagé de prairie pas très difficile. Cependant, cette portion de course peut être redoutable car la région est souvent sujette à de fortes pluies.

Vous enchaînerez par la descente du « KT » (700 mètres de dénivelé sur 8 km), chemin dégagé, verdoyant sans grande difficulté.

La dernière ascension (enfin !), celle du « Putnam Ridge » (600 mètres de dénivelé sur 6 km), très technique et difficile en cette fin de course… Vous serez confrontés à des pierriers et aurez à gravir deux petits pics avant d’arriver au sommet.

Courage, vous y êtes presque !

Pour finir, vous descendrez vers « Putnam Basin » puis « Silverton » (1000 mètres de dénivelé sur 12 km), section pas très technique. Les derniers obstacles de la course : un chemin rocailleux et une grande rivière à traverser.

Vous y êtes, Silverton, vous n’avez plus qu’à embrasser le rocher de la « Hardrock 100 » et à arborer fièrement votre titre de « Hardrocker ».

Devrez-vous vous équiper en trappeur ?

Compte tenu de la neige, les bâtons sont autorisés sur la course. Dans le même esprit, vérifié que des crampon (couteaux de neige) ne soient pas nécessaire l’année de votre course.
Comme vous l’avez compris, cet Ultra-Trail vous fera traverser différentes rivières, il vous faudra donc prévoir de nombreuses paires de chaussettes pour pouvoir courir les pieds au sec.

La famille et les proche pourront-il vous suivre ?

Nous rappelons que cette course est organisée aux Etats-Unis, votre famille n’aura donc peut-être pas la possibilité de vous accompagner. Dans ce cas-là, elle pourra suivre votre progression grâce au balisage GPS et aussi grâce au commentaire en direct à la radio.

Mais si votre famille peut vous accompagner, l’accessibilité aux postes de ravitaillement est compliquée et il faudra, pour la plupart d’entre eux, s’y rendre en 4×4. Cela dit louer un 4×4 au USA est une chose assez courante. La question sera alors de le conduire…

Attention : votre famille et votre assistance ne pourront vous rejoindre que sur les postes de ravitaillement suivant : Cunningham, Sherman, Grouse Gulch, Ouray, Telluride, Chapman Gulch et Silverton.

Concernant le budget, en plus de l’inscription qui s’élève à 260 €, il faudra prévoir l’hébergement (liste des hébergements partenaires disponibles sur le site) ainsi que la restauration pour vous et vos accompagnants. Mais là aussi, vous êtes au USA et franchement cette partie du budget comparativement à d’autre pays reste très abordable

Conseil et préparation :

Habituez-vous certes à évoluer en montagne, mais aussi et surtout dans la neige. Pour cela nous vous recommandons de vous entraîner un peu avec des chaussures à crampons (enfiler ces accessoires n’est pas toujours évident notamment quand on est bien fatigué) qui assureront votre stabilité sur la course mais aussi un piolet (à voir toute fois) pour sécuriser et faciliter votre ascension.

Voilà, vous savez tout ! Vous n’avez plus qu’à vous préparer pour l’aventure d’une vie qu’est la « Hardrock 100 » !

Réussirez-vous à embrasser le rocher et décrocher votre titre de « Hardrocker » ?!

LA RONDA DELS CIMS 2016 VUE PAR RAUL ALBA FERNANDEZ

La Ronda Dels Cims 2016 vue par Raul Alba Fernandez