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Sur les traces des Samouraïs

L’utra-Trail du Mont Fuji – UTMF

@Pixabay

L’Ultra-Trail du Mont Fuji, 165 km, 8000 mètres de dénivelé positif pour une barrière horaire de 46h. Il fait partie pour nous de ces courses de l’autre bout du monde et attire de nombreux Ultra-Trailers en quête d’exotisme. Cet Ultra-Trail n’est, à première vue, pas très technique. Il vous réservera néanmoins quelques surprises (chemins sinueux et pentus, blocs de pierre qu’il faudra gravir à l’aide des mains).

Au-delà de l’attrait de la course ou de l’envie de découvrir le Japon, cet Ultra sera le prétexte pour certains d’entre vous de s’engager dans une quête spirituelle à l’image des moines bouddhistes venus consulter les divinités du feu, du vent et de la terre qui vivent au sein du Mont Fuji. Bien plus qu’un Ultra-Trail, l’UTMF devrait être une invitation à faire ressortir le samouraï qui sommeille en vous !

Et, de la brume sort le Mont Fuji

L’Ultra-Trail du Mont Fuji, considéré comme le petit frère de l’UTMB (Ultra-Trail du Mont Blanc), est l’unique Ultra-Trail du Japon. En parallèle de cette épreuve, la STY « Shizuoka to Yamanashi » (trail de 92 km pour 3920 mètres de dénivelé et une barrière horaire de 20h) est organisée sur le même week-end. Ainsi, ce sont plusieurs milliers de coureurs qui contournent le Mont Fuji en avril.

Particularité de cet Ultra, le climat. Printanier, il réserve des températures oscillant entre 4° et 16 ° avec un soleil souvent caché par les nuages, le brouillard et la bruine. Cette humidité constitue finalement la difficulté majeure de cette course.

Coté parcours, si la météo est avec vous, celui-ci donne l’occasion aux coureurs de longer les magnifiques lacs de la région et de traverser les multiples forêts qui bordent le Mont Fuji dans une ambiance très japonaise.

Sur les traces des pèlerins

Organisée pour la première fois en 2012, cette course trouve en fait son origine au 17ème siècle, époque à laquelle le premier pèlerinage de masse est organisé par le Shogunat. A partir de cette époque, gravir le Mont Fuji devient une étape incontournable pour tous Japonais. Les coureurs s’élancent vers le Mont-Fuji pour s’imprégner de son mysticisme et, à l’image des pèlerins, établir une connexion avec les divinités.

Au départ, la course se déroule en septembre mais les fortes intempéries d’automne forcent les organisateurs à la déplacer en avril. D’ailleurs, les éditions de 2016 et de 2017 avaient été annulées compte tenu des intempéries.

Des athlètes se sont démarqués par leur temps sur l’UTMF :
– Julien CHORIER, recordman du 167 km de 2012 (18h 53min) ; Nerea MARTINEZ URRUZOLA, recordwoman du 167 km de 2012 (24h 05min).
– François D’HAENE, recordman du 167 km de 2014 (19h 09min) ; Núria PICAS, recordwoman du 167 km de 2014 (23h 27min).
– Dylan BOWMAN, recordman du 167 km de 2018 (19h 21min) ; Courtney DAUWALTER, recordwoman du 167 km de 2018 (23h 57min).

En 2019, les meilleurs temps sont réalisés par le Français Xavier THEVENARD (19h 36min) et la Chinoise Fuzhao XIANG (24h 20min). L’édition de 2019 a dû être écourtée compte tenu de la neige, seulement 91 coureurs ont pu franchir la ligne d’arrivée.

Pour ne pas rater son inscription

Pour participer à l’UTMF vous devrez avoir accumulé un nombre minimum de points ITRA et obtenir votre place par tirage au sort. Attention, les 100 finishers hommes et 20 finishers femmes de l’édition précédente sont prioritaires pour l’inscription de l’année suivante.

Bien évidement, nous vous recommandons de vous rendre sur le site de l’organisation pour vérifier que ces conditions d’inscription n’ont pas évoluées.

A noter que l’UTMF est une des courses qualificatives pour l’UTMB (Ultra-Trail du Mont-Blanc) et fait partie de l’Utra-Trail World Tour.

Le jour J

L’Ultra-Trail du Mont Fuji se boucle en maximum 46h alors que les meilleurs le finissent en 19h. Ces résultats montrent que cette course nécessite de bonne capacité de relances pour garder un bon rythme de course et s’assurer de finir dans la barrière horaire. Ils confirment également que cet Ultra est loin de présenter les mêmes caractéristiques techniques de courses comme la « Ronda dels Cims » ou la « Pica Pica ».

N’oubliez pas qu’aucun sommet ne culmine à plus de 1600 m. Le D+ le plus séré sera de 750 m étalé sur une distance de 4 Km. Comme déjà souligné, cette course contourne le Mont Fuji qui lui culmine à plus de 3000 m sans jamais le franchir.

Enfin, même si la course est en autonomie, vous disposerez de 11 postes de ravitaillement dont une base de vie (Shojiko).

30 premiers kilomètres principalement en dénivelé négatif

La veille du départ, les coureurs récupèrent leur dossard et déposent leur sac d’assistance qui part pour la base de vie. Lors du retrait de dossard, l’équipement est vérifié.
Attention : vous pourrez être soumis à des contrôles sur le parcours.

Le départ est donné à 15h dans la ville de Kodomonokuni (connue pour son énorme aire de jeu qui ravira sûrement vos enfants). Le départ, au milieu de la foule, généralement dans la brume, est marqué par un discours d’encouragement avant que les coureurs ne s’élancent.

Sur les 15 premiers kilomètres, vous courrez sur des routes bétonnées larges et peu techniques. La principale difficulté sera l’humidité, elle rendra peut-être votre respiration pénible. Gardez le sourire, vous êtes dans l’un des plus beaux endroits au monde !

Rapidement, vous arriverez au ravitaillement de « Awakura » (200 mètres de dénivelé sur 15 km). Le plus gros souci aura été de ne pas partir trop vite tant il vous sera facile de donner du rythme. Ce petit ravitaillement annonce la couleur, une grande partie de la course sera du sous-bois. Après le premier ravitaillement, vous aurez à gravir d’énormes rochers pour rejoindre la forêt. Malgré ce passage compliqué, les coureurs évoluent sur des chemins de randonnées larges et agréables à courir.

Certes, vous enchaînerez par des chemins boueux, donc glissants, vous aurez sûrement à vous agripper aux arbres pour pouvoir progresser, mais le plus grand danger sera pour vous de ne pas vous mettre dans le rouge.

Vous pourrez marquer une courte pause au ravitaillement de « Fujinomiya » avant de reprendre votre course sur des chemins forestiers larges et peu techniques.

Et là se dresse la première vraie difficulté

A partir du 30ème kilomètre, la véritable course commence ! Vous entamerez l’ascension du « Tenshigatake » (750 mètres sur 4 km), la nuit commencera certainement à tomber, la montée sera longue, glissante, en un mot, technique !

La brume et le froid feront peut-être leur apparition, équipez-vous en conséquence !
Ensuite, descente de 100 mètres sur des chemins boueux, vous aurez certainement à vous agripper une nouvelle fois aux arbres pour éviter les chutes. Tout comme les guerriers du film « Les 7 samouraïs », votre détermination devra être sans faille !

Le dénivelé suivant, celui du « Chojyagatake », sera court (100 mètres sur 500 m) mais technique puisqu’il consistera en du chemin rocailleux et pentu. Cette montée nécessitera un effort intense de votre part, pensez à bien vous hydrater, vos muscles vous remercieront !

La descente, peu technique vous octroiera un peu de répit avant d’entamer la montée de « Kumamoriyama » (200 mètres sur 5 kilomètres), glissante et éprouvante. Votre frontale sera un allier de taille puisqu’il sera difficile de voir le balisage dans la nuit.

Vous l’avez donc compris après la première ascension du Tenshigatake réalisée, vous aurez à affronter une succession de petites montés et descentes débouchant sur une nouvelle petite ascension marquant le point culminant de cette partie du parcours, « Kumamoriyama ».

Après « Kumamoriyama », vous vous dirigerez vers le poste de ravitaillement de « Fumoto » (800 mètres sur 11 km), au départ très sinueuse cette portion sera en fait peu technique car vous rejoindrez la route avant d’arriver au gymnase dans lequel vous retrouverez vos accompagnateurs.

Quand les racines succèdent aux chemins de terre

Dès la sortie du gymnase, vous monterez le « Ryugatake » (650 mètres sur 9 km), si l’ascension ne sera pas très difficile car constituée de chemins de terre larges et réguliers, elle risque d’être épuisante à ce stade de la course (vous aurez déjà parcouru 60 kilomètres !).

La descente vers le ravitaillement de « Motosuko » (600 mètres sur 2 km) sera d’abord très glissante et abrupte. Les racines seront votre ennemi sur cette portion, prudence ! Cependant, vous rejoindrez la route et pourrez dérouler avant d’arriver au ravitaillement. Si le temps est clément, vous aurez l’occasion d’admirer le reflet du Mont Fuji dans le « Lac Motosu ».

Ensuite, vous prendrez 200 mètres de dénivelé de course en sous-bois, chemin large et régulier pour aller au « Mont Nakanokura ». Vous pourrez profiter des premiers rayons de soleil pour vous réchauffer.

Avant la montée vers « Eboshiodake » (200 mètres sur 4 kilomètres), vous descendrez sur de la monotrace pas très technique. Dans l’ascension, vous aurez à gravir des rochers à la force de vos jambes et de vos bras, courage !

Une fois en haut, vous descendrez vers la base de vie de « Shojiko » (300 mètres sur 6 km), alternance de chemins de randonnée sinueux et de de chemins de terre réguliers, encore !

Vous avez parcouru la moitié de la course, profitez de la base de vie pour manger et vous reposer, il vous reste de nombreuses épreuves à traverser !

Sortant de la brume le toi blanc du Mont Fuji

Sur les traces des Samourais
©Instagram@tkd55

La reprise se fait sur des chemins de randonnée larges et peu techniques. Cependant, la montée vers « Ashiwadayama » tirera certainement sur vos mollets, buvez beaucoup d’eau et ménagez votre effort.

En haut, vous pourrez profiter d’une grande aire de repos avec des tables, marquez une courte pause et prenez une photo du Mont Fuji (si la brume ne l’occulte pas).

Ensuite, vous descendrez vers « Katsuyama (450 mètres sur 6 km), des chemins de randonnée dégagés, agréables à courir. Vous retrouverez votre assistance dans le gymnase de la ville. Après « Katsuyama », les quelques kilomètres de route bétonnée vous permettront de vous remettre en jambe.

La section entre « Katsuyama » et « Oshino » sera constitué de chemins de randonnée larges en sous-bois, donc pas très techniques. Sur cette portion de course, les deux difficultés seront les ascensions de «Ogurayama » (100 mètres de dénivelé) et de « Shibokuyama » (100 mètres de dénivelé). En effet, ces deux montées tireront sur vos quadriceps.

Descente de « Shibokuyama » (200 mètres sur 3 km) sur des chemins rocailleux entourés par des bambous. C’est peut-être cette bambouseraie qui a inspiré le conte de Kagura-Hime, la princesse née du bambou, qui sait ?

Si vous avez le temps faites un peu de shoping à Oshino

Après le ravitaillement de « Oshino » (village dédiée à l’artisanat local, classée au patrimoine mondial depuis 2013), vous emprunterez des chemins rocailleux et pentus qui feront travailler vos appuis.

Ensuite, vous grimperez au sommet du « Ohirayama » (300 mètres) sur des chemins de randonnée dégagés qui vous donneront l’occasion d’admirer le Mont Fuji.

Dans la descente, vous emprunterez des escaliers de bois qui pourraient peut-être casser votre rythme. Vous rencontrerez les mêmes escaliers dans la montée vers « Hiraoyama ». Ne vous découragez pas, comme l’apprennent les moines bouddhistes, il faut persévérer pour atteindre ses objectifs.

Après une descente rapide, sans grande difficulté, vous gravirez le « Ishiwariyama » (150 mètres en 500 mètres) par des chemins de terres sinueux et pentus. Vous devrez certainement vous accrocher à la ligne de vie pour pouvoir progresser.

Ishiwari, sanctuaire et divinité, l’instant spirit

En haut, se trouve le sanctuaire Ishiwari, son brasier (représentant « Amaterasu », la divinité du feu) guide les coureurs et les pèlerins dans la nuit.

Le gigantesque poste de ravitaillement de « Yamanakako » (250 mètres sur 4 km) permettra aux coureurs de se reposer convenablement avant d’attaquer le dernier quart de course. A la sortie du ravitaillement, la nuit devrait déjà être tombée, la prudence sera de mise !

Si la montée vers « Mikuniyama » (250 mètres sur 1 km) ne sera pas très technique, attention où vous mettez les pieds, le chemin est rocailleux et la brume risque d’occulter les obstacles. La descente vers « Kiritoshi-touge » (250 mètres sur 2 km) sera moins éprouvante et vous permettra de soutenir un bon rythme.

Après une portion de chemins de randonnée très tranquille, vous devrez vous accrocher à la ligne de vie pour atteindre le « Yamabushi-touge » (150 mètres de dénivelé sur 100 mètres).

L’ascension de « Ishiwariyama » (290 mètres sur 4 km) se fera dans la fatigue… C’est bientôt la fin de la nuit, le ravitaillement est proche, courage ! Au sommet, telle une récompense, la beauté du Mont Fuji vous fera peut-être comprendre ce qu’a ressenti le célèbre estampiste « Katsushika Hokusai » en peignant « Les Trente-six vues du Mont Fuji ».

Monté abrupte et appel des esprits, le meilleur pour la fin

Sur les traces des Samourais
©Instagram@oldbruce

Vous pourrez marquer une courte pause au ravitaillement de « Niju-Magari » (300 mètres sur 2 km) avant d’entamer l’ascension de « Tachinozuka-touge » (500 mètres de dénivelé sur 1 km). Montée abrupte et technique, vous aurez à vous frayer un chemin au milieu des bambous avant de poursuivre grâce à une ligne de vie. Cette portion, parsemée de rondins de bois, considérée par beaucoup comme la plus exigeante du parcours, vous obligera à vous mettre à « quatre pattes » pour pouvoir progresser !

Au sommet de « Tachinozuka-touge », point culminant de la course (1575 mètres d’altitude), se trouve une cloche que les pèlerins font sonner pour appeler les esprits, faites de même, ces derniers vous féliciteront d’être arrivés jusqu’ici !

Dans la descente, les premiers rayons du soleil vous réchaufferont alors que vous entrerez dans le ravitaillement de « Fujiyoshida » (875 mètres sur 11 km). Un des plus grands ravitaillements de la course, vous pourrez vous y reposer avant d’attaquer les 10 derniers kilomètres de la course.

Si cette descente n’est pas très technique, la dernière ascension de la course sera plus éprouvante. Sur la montée de « Shimoyama » (600 mètres sur 4 km), vous alternerez entre chemins de terre raides et chemins glissants en sous-bois. Ne perdez pas votre objectif de vue et vous réussirez à surmonter ce dernier obstacle !

L’ultime descente se fera d’abord sur de la monotrace rocailleuse et glissante en sous-bois puis vous rejoindrez la route avant d’entrer dans la ville de « Fujikawaguchiko » (450 mètres sur 9 km). Alors que vous traverserez le pont du « Lac Kawaguchiko » en direction de la ligne d’arrivée, les bénévoles vous feront une haie d’honneur, c’est le moment de puiser dans vos dernières forces pour envoyer !

Coté équipements

Comme vous l’avez remarqué, la particularité de cette course est la présence presque continuelle de brume et d’humidité, pensez donc à prendre du change chaud. Consultez bien le site de la course car la liste des équipements obligatoire y est longue et l’organisation japonaise ne vous permettra pas beaucoup d’excentricité en la matière.

Les bâtons sont autorisés par l’organisation de l’Ultra-Trail du Mont-Fuji.

Comment la famille suit-elle le coureur ?

Si votre famille à l’occasion de vous suivre au Japon, un réseau de bus lui permettra de voyager entre les différents postes de ravitaillement sur lesquels l’assistance est autorisée (Fumoto, Shojiko, Katsuyama, Yamanakako et Fujiyoshida).

Dans le cas contraire, elle pourra suivre votre progression grâce au balisage GPS et au lives « YouTube » diffusés sur la chaîne de l’UTMF.

Le budget sera conséquent pour cet ultra-trail. En effet, il faudra prévoir, en plus de l’inscription qui s’élève à 306,35€ (38160 yen), l’hébergement, les déplacements et la restauration.

Bon à savoir :

Vous l’avez compris, certaines des ascensions de la course mettront vos mollets et vos chevilles à rude épreuve, nous vous recommandons donc de centrer votre préparation physique sur le renforcement musculaire des jambes, sur le maintien des appuis et le travail proprioceptif.

Attention : sur la course, la plupart des balisages ne sont qu’en idéogrammes, nous vous recommandons donc d’avoir une montre pour toujours connaître le kilométrage et si possible permettant de charger le fichier GPX du parcour. Si vous êtes perdus, n’hésitez pas à demander autour de vous, les Japonais se feront un plaisir de vous aiguiller.

Il nous reste à vous souhaiter bonne courage ! (頑張って !)

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