©DGonthier@ABaron
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Half marathon des sables du Péru – HMDS – 2019

650 Trailers étaient alignés sur le Half Marathon des Sables du Péru (HMDS) 2019. Alexis Baron a fini cet Ultra très particulier à la 30ieme place. Outre le fait de se situer à l’autre bout du monde dans une contrée désertique et encore sauvage, cette épreuve de 120 km pour un D+ de 2500 m qui a la particularité de se courir en autosuffisance, correspond exactement à la moitié du marathon des sables traditionnellement couru au Maroc. De retour en France Alexis membre de la Team FollowOurTrack a voulu nous faire partager cette expérience unique.

Ce HMDS m’a été offert par les organisateurs, et je tenais tout d’abord à les remercier.

Après l’annonce de ce cadeau, beaucoup de questions se sont entremêlées, accompagnées d’excitation, de joie mais aussi de peur. Même si la distance ne m’effrayait pas, l’appréhension de courir sous 35°, dans le sable et en autosuffisance a pris le dessus sur ce magnifique voyage au Pérou.

En effet, si cette course en 3 étapes sur 4 jours pour un total de 120 Km et 2500 m de D+ est assez simple a appréhender la réaliser en autosuffisance pose question. Autosuffisance cela veut notamment dire : réchaud, vêtement, hygiène et surtout gestion des réserves alimentaires. Seule l’eau nous était fournie avec 5L par jour, hors course.

C’est rempli de ces questions que je suis parti.

Un long, très long voyage pour arriver à LIMA (Pérou)

Half marathon des sables du Péru - HMDS - 2019
©DCostantini@ABaron

Arrivé à LIMA après 24h de transport, nous avons pris un bus pendant 8h (rien de moins) afin d’arriver à ICA lieu de la course. Contrairement aux idées reçues, le Pérou ne se résume pas seulement à la Cordière des Andes et le Machu Pitchu mais aussi à un fabuleux désert, le désert de l’ICA.

Arrivé dans ce désert, c’est l’armée Péruvienne qui nous a pris en charge pour nous acheminer vers le camp de base situé au bord du Pacifique.

C’est ici que nous avons préparé nos sacs, moment qui paraît anodin mais qui sera décisif pour la course, car nous ne pourrons rien laisser dans nos tentes durant la course, et donc, vous l’aurez compris, chaque tee-shirt, repas ou simple déchet sera un poids supplémentaire dans le dos. A ce petit jeu, je m’en suis bien sorti avec 6,3 kg hors eau.

Pour vous rendre compte il y avait dans mon sac :

  • 3 tee-shirts : 1 pour la course, 1 pour dormir, 1 pour le camp
  • 2 shorts / 2 caleçons / 2 paires de chaussettes
  • 12 barres énergétiques / 6 gels / 3 plats lyophilisés et 2 désserts par jour
  • un réchaud / une tasse / un sac de couchage / une batterie externe
  • le matériel obligatoire

Un sac de 20L fut grandement nécessaire pour tout rentrer, car la nourriture prenait une place considérable.

Après la découverte du camp et de cette magnifique vue, nous nous sommes couchés pour être prêts pour la 1èr étape.

Half Marathon Des Sables : Etape 1, 35 km, 900m D+

Half marathon des sables du Péru - HMDS - 2019
©ABerg@ABaron

Il est 7h du matin c’est le top départ. La chaleur semble déjà écrasante, nous nous lançons pour 10km de sable soft en bord de plage, la vue exceptionnelle sur les dunes n’est que très peu appréciée, occultée par la difficulté de courir dans ce sable avec autant de chargement sur le dos.

Après 1h d’effort j’arrive au bout de ces 10 premiers km et je me retrouve au pied d’une immense dune à en faire rougir le Mont-Blanc. En haut de cette impressionnante montagne de sable, il ne faut que se retourner pour se rendre compte du dénivelé.

Il a fallu ensuite batailler pendant 20 km dans un sable rugueux qui a su confortablement user mes chaussures. Sur ce point, important, contrairement à beaucoup d’Européens qui couraient en chaussures de Trail, j’ai préféré suivre la stratégie des Sud-Américains qui consistait à courir avec des chaussures les plus légères possible et donc de prendre des chaussures de route. Il est vrai qu’ergonomiquement, nous n’avions pas besoin d’accroche mais plutôt de glisser le plus possible sur le sable.

Après la longue traversée au milieu de ce désert aride, je passe la ligne d’arrivée de la première étape en 3H26, tout en ayant gardé des forces, car le plus dur reste à venir.

Le reste de notre journée est simple : attendre les repas, prendre des bouillons pour récupérer le sel perdu pendant l’effort, et faire des récupérations dans l’océan à 14°. Les longs moments d’attente nous ont également permis de faire des rencontres exceptionnelles, qui resteront, tous les participants sont d’accord avec moi, de merveilleux souvenirs : de vrais liens se sont créés avec certains et nous nous reverrons très vite.

Le répit fut court car très vite, il a fallu préparer son sac pour le lendemain.

Half Marathon Des Sables (HMDS) : Etape 2, 56 km, 1200 m D+

5h du matin, une nouvelle course commence, je le sais cette journée va être longue. Sans prétention de temps, j’espère, au fond de moi, mettre moins de 7h sans réelle indication de temps possible. Car, en effet, le parcours ne s’y prête pas. 22 km sont dans un sable soft et c’est sur ces 22 premiers Km que la grande majorité du dénivelé ce fera.

Arrivé au 2ème ravitaillement, il fait déjà très chaud alors que cela ne fait que 2h39 que je suis parti. 13 km seulement séparent le ravitaillement 2 du ravitaillement 3, mais cela va me paraître interminable avec de longues, longues lignes droites sur un sable dur et caillouteux qui va profondément m’user pour la suite.

Pourtant, c’est pour ce genre de sensation que je cours, pour ce sentiment de dépassement de soi, lorsque le corps veut marcher, quand la tête veut marcher mais que l’on continue à courir, avec du recul ce fût un bonheur immense. Il m’aura fallu 1h20 supplémentaire pour arriver en 3h53 au 35ème km. Vous l’aurez compris il m’a fallu 3h pour ces 20 derniers km.

Quelques grains de sables

Half marathon des sables du Péru - HMDS - 2019
©DCostantini@ABaron

Alors que je pensais le plus dur passé après ce 3ème ravitaillement, cela fut bien malheureusement l’inverse. Je suis tombé dans une vallée de la mort, un immense canyon, certes magnifique, mais qui fut dévastateur pour le moral et pour mes jambes.

Au fur et à mesure, je commençais à sentir la fraicheur de l’océan revenir, signe, non pas de mon arrivée, mais de mon approche au 4ème et dernier ravitaillement (Km 46). Ravitaillement qui correspondait au 1er ravitaillement de la veille. A ce moment, avant de repartir, je me rends compte que les 10 derniers km seront l’équivalent des 10 premiers de la veille. 10 km fait uniquement de sable soft « de plage ».

Mes guêtres, éléments obligatoires de notre attelage, commençaient déjà à montrer des signes de fatigue, et en repartant de ce ravitaillement, je commençais à avoir une contracture à l’adducteur.

Comble du bonheur, au bout de 10min, une vague est venue emporter mes jambes et mes dernières forces. Elle remplira mes chaussures d’eau et de sable. Sable avec lequel je finirais l’étape.

Il m’aura fallu 1h30 pour effectuer ces 10 derniers kilomètres de la deuxième étape. Et a 11h41 après 6h41d’effort, 56km, et 65000 pas et pas moins de 18 L d’eau bu, j’ai passé la ligne d’arrivée.

Après avoir récupéré pendant de longues minutes, je me suis reposé tout en encourageant toutes les personnes qui en finissaient avec cette étape interminable. Les derniers mettront plus de 19h pour cette journée.

Jours de repos :

J’ai accueilli ce jour avec bonheur, tout d’abord parce que j’avais une douleur aiguë à l’adducteur, mais aussi, parce qu’elle m’a permis de continuer à rencontrer différentes personnes de la France entière, et même d’Europe. Cette course fût évidemment enrichissante sur moi-même en terme de performance pure et de mental, mais également riche en rencontres, vous vous reconnaîtrez, merci pour tout.

Half Marathon Des Sables (HMDS) : étape 3, 22 km, 500 m D+

A l’heure du départ au milieu des camions de l’armée péruvienne, je me rends compte que ma contracture n’est pas partie et que je vais devoir lutter pendant ces 22 km surtout. Une lutte qui s’annonce d’autant plus acharnée que je souhaite absolument conserver la 30ème place au général.

C’est à ce moment-là que la compétition prend le pas sur la course. Je connais les dossards lancés à mes trousses et ceux devant moi. Je décide de les suivre dans cette première grosse montée où j’arrive à bien courir. Mais, arrivant sur le plat, il m’est impossible d’allonger ma foulée et d’avancer sans avoir des décharges électriques dans ma jambe gauche.

Par malheur et mauvaise gestion de ma part, mon sac de couchage tombe et je dois m’arrêter, remonter et le récupérer avant de repartir avec mon nouveau “sac à main” sur les bras. J’ai dû courir 4 km avec, avant de pouvoir le remettre au 1er ravitaillement.

J’ai dû m’accrocher durant toute la fin de course après avoir nettement ralenti sur un long plat de 7 km. Par chance, les derniers km étaient constituées de montées raides ce qui m’a permis de faire parler ma puissance et de récupérer le temps perdu sur le plat. Je savais que chaque seconde comptait et j’ai réussi à garder ce précieux top 30 à mes yeux.

Au final de cette course, je suis donc 5ème Français (210 Français au départ) et 30ème/650 au général. En dehors de ce que je considère comme une performance pour moi, la plus belle chose reste les souvenirs gravés à jamais, et les différents sourires à l’arrivée de ceux qui sont désormais mes amis.

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