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La Vesnasque – Luchon Aneto Trail

©followourtrack@sdeidda

La Vesnasque du nom du col du « port de la Vesnasque », col des Pyrénées ouvrant sur le Pic de l’Aneto (plus de 3000 m) qu’elle permet de franchir à plus de 2400 m d’altitude, est l’une des courses du Luchon Aneto Trail. Sabrina, Membre de la Team FollowOurTrack, finisher de l’édition 2019, nous fait partager cette course, pour elle une première.

Pour mieux vous plonger dans ce récit soulignons que La Vesnasque fait partie de ces courses de montagne assez technique mêlant chemins et pierriers, réclamant de la puissance et une bonne proprioception pour bien négocier les descentes herbeuses à un bon rythme. Cette course constitue une parfaite initiation au Ultra en montagne. Pour ne rien gâcher, ce Trail authentique permet aux coureurs de découvrir, au sortir d’une mer de nuage, un paysage magnifique inondé de soleil au petit matin.

Arrivée à Bagnères de Luchon station de ski des Pyrénées

Il est des courses sur lesquelles vous ne pensez pas pouvoir vous aligner et puis vous évoluez tout doucement jusqu’au jour où vous vous sentez prêt (comme dans la vie quoi). La Venasque du Luchon Aneto Trail était une de ces courses pour moi.

J’y suis allée progressivement, j’ai augmenté les distances, les dénivelés, prudemment pour enfin m’inscrire sur cette course dans les Pyrénées.

Une course de 45 Km et 2800 m de D+ qui passe par l’Hospice de France et monte au Port de Venasque. Ça promet de jolis panoramas. Je suis tellement impatiente !!!

Je cours, Chris gardera les enfants (chacun son tour, comme à la ducasse ! :-D).

On arrive à Bagnères de Luchon la veille après-midi. On récupère la location in-extremis, on est un peu short niveau timing car Romain (mon 7 ans) était à un anniversaire ce samedi aprem dont je n’ai pas voulu le priver. On file récupérer mon dossard ensuite car là aussi, on est un peu short.

Briefing et dernier check

La Vesnasque - Luchon Aneto Trail
©followourtrack@sdeidda

Après avoir vérifié le contenu de mon gilet d’hydratation (que Chris m’a rapporté au stand des dossards car oublié à la voiture dans la précipitation), je récupère mon dossard et le joli sweat zippé à capuche qui est à ma taille (c’est suffisamment rare pour le souligner !).

Bon, le stress retombe un peu, on a les clés de l’appart, mon dossard, je peux profiter de l’ambiance. Il fait chaud, il fait beau, on peut voir les participants des courses du jour franchir la ligne d’arrivée le visage plein d’émotions, j’adore !

C’est déjà l’heure du briefing. On se rapproche de l’estrade pour bien entendre. Romi s’occupe comme il peut en attendant. Et là… ouïe !!! L’ongle dont je redoutais qu’il me fasse souffrir durant la course (c’est comme ça qu’on dit ?) est arraché par le pied de Romain qui vient d’écraser le mien. Bon, au moins, il tombera pas en course celui-là ! Ça, c’est fait ! Après le briefing, on fait un petit tour puis on rentre s’installer.

Repas, dodo, excitation… normal

L’appart est plutôt pas mal. Les enfants dormiront sur le canapé-lit, nous, on dormira dans la chambre, à l’étage… Omg, cette chaleur, quelle horreur ! J’ouvre le velux mais c’est pas gagné, il n’y a aucun air qui rentre. Bref. Pourvu que la température descende un peu.

On va manger dans un petit resto chinois au grand regret de Romain qui avait envie de fruits de mer (comment ça c’est pas la spécialité à Bagnères de Luchon ?). C’est parfait, y’a du riz, du choix pour ma grande qui est un peu difficile. On mange bien, on discute un peu avec la patronne qui me demande si je sais que la course que je vais faire, c’est pas plat. MDR. Ah mince. On m’aurait menti ?!!! Ah ah ah

Retour à l’appart, je prépare mes affaires puis je vais me coucher. Et là, m’attend une belle et longue nuit de merde. Il fait une chaleur insupportable. J’ai bien les boules. Je me relève sans cesse pour me rafraîchir en espérant que ça m’aidera à m’endormir, bref… une nuit habituelle de veille de course, en pire !

Avant La Vesnasque il faut arriver à l’Hospice de France

C’est dimanche, on y est. On rend les clés et on file au départ tous les 4. Chris va monter à l’Hospice de France avec les enfants après le départ, on fera l’échange de flasques lors de ma montée et lorsque je redescendrais.

Je m’échauffe un peu car j’ai horreur de partir à froid complet. Je me mets dans le SAS de départ, c’est toujours un moment particulier avec ce petit stress qui monte. Allez, c’est parti. Je pars tranquillement, rien ne sert d’envoyer, la route sera longue.

sais ce qui m’attend jusqu’au Port de Venasque car j’ai fait la reco de cette partie avec Chris il y a quelques semaines. Pour la suite, je n’ai vu que sur papier mais je sais que ça va grimper sévère.
Dès la première côte, je me fais doubler par beaucoup de monde, je ne veux pas me fatiguer en montant donc je garde mon rythme mais comme je le redoute, après cette côte, dès qu’on peut relancer, ça bouchonne…

La montée à l’Hospice de France se passe bien, je tache de gérer sans trop m’entamer, la course ne commencera vraiment qu’à l’Hospice de France… Je discute un peu avec d’autres participants, c’est toujours sympa d’échanger. Quelle tristesse ces courses où tu grimpes et où tu n’as personne qui parle ! Le bagne pour moi !

Un premier ravito de pro

Arrivée à l’Hospice de France. Il fait beau, c’est dégagé. Génial, je redoutais une montée au Port de Venasque durant laquelle on n’aurait rien vu. Ça ne semblait pas gagné au départ. J’aurais eu grave les boules (comme sur le trail des Crêtes à Saint-Paul de Jarrat quelques semaines auparavant. Purée de pois, zéro vue au Mont-Fourcat, un grand moment !)

C’est trop beau et ce n’est qu’un début !

Au ravito, je retrouve Chris et les enfants. Il me fait une assistance de pro, échange mes flasques en 2/2, au top ! Je passe au ravito, je prends un petit toast tuc/jambon cru/fromage un pur bonheur ! Je remercie les bénévoles et je file.

Chris et les petits marchent un peu avec moi mais Claudia est blessée à la cheville (ma bichette), je préfère qu’ils ne montent pas trop pour ne pas qu’elle force dessus.

Quand la beauté des lieux fait oublier l’effort

La Vesnasque - Luchon Aneto Trail
©followourtrack@sdeidda

J’attaque donc cette belle montée au Port de Venasque. La vue qui s’offre à nous est superbe et je fais de nombreuses photos. J’ai pris un bon rythme, ça passe plutôt bien malgré la chaleur. On est un petit groupe à même allure, je discute avec un coureur, François, qui s’est calé sur mon rythme. Je m’arrête à chaque fois que l’on croise la rivière, je mouille mon visage, mon cou, mes bras, mes jambes et me verse de l’eau sur la tête pour me rafraichir. C’est trop bon ! J’arrive à récupérer ce p’tit monde à chaque fois malgré le temps perdu, ça prouve que finalement, c’est pas du temps perdu.

Je m’arrête au refuge des Boums pour remplir mes flasques car il fait très chaud et que je bois beaucoup. Je repars. C’est trop beau, je refais plein de photos ! J’y suis presque, j’aperçois enfin le fameux Port de Venasque. Un dernier effort et j’y suis. C’est bien passé en fait !

Une fois en haut, j’admire ce qui s’offre à moi, cette magnifique vue sur le massif de l’Aneto. Je repars.

Descente de quoi envoyer un peu et se faire plaisir

Ça descend, et la descente, c’est mon kif. Je me fais plaisir en veillant toutefois à ne pas trop envoyer parce que n’ayant jamais fait aussi long avec autant de dénivelé, je redoute l’arrivée de crampes au niveau des quadriceps auxquelles je suis sujette. Je n’ai pas trop de souvenir de cette partie. Ça passe plutôt vite.

Retour à l’Hospice de France. Ça fait un peu moins de 5h30 que je suis en course. Je retrouve Chris et les enfants. Je vais bien, je suis contente. Il ne reste plus que 13km de descente principalement, roulante de surcroît, je suis encore fraîche, je vais pouvoir dérouler. C’est comme si c’était fait, comme si… Lors de la reco, on avait mis 1h40 en descendant tranquillement. Je me sens plutôt bien, je vais pouvoir aller à minima aussi vite.

Changement de flasques, je mange un truc et je repars sur la route.

Je fais cette partie avec un coureur, Johan, on discute de nos précédentes courses, de nos entraînements etc.

Un dernier tronçon plus compliqué que prévu

La Vesnasque - Luchon Aneto Trail
©followourtrack@sdeidda

Je commence à sentir une gêne au niveau du genou gauche. Je reconnais tout de suite, il s’agit de la même gêne que j’ai eu sur les derniers km du marathon de Paris 3 mois plus tôt. Elle avait totalement disparu à tel point que je n’y avais plus du tout pensé. La revoilà pourtant, elle, ne m’a pas oubliée.

C’est la galère, je sais que cette fin de course ne sera pas comme je me l’étais imaginée.
Johan reste avec moi, c’est sympa. Plus on avance, plus la gêne est prononcée, j’ai la sensation que mon genou n’est plus maintenu et qu’il va se désarticuler. Je continue en alternant course lente et marche et en m’aidant des bâtons pour épargner mon genou. La descente est longue, très longue. Je poursuis ainsi jusqu’à ce que je ne puisse même plus courir.

Dans ces moments là c’est la tête qui doit prendre le pas

Johan, après m’avoir soutenu pendant une bonne partie de cette galère – merci à lui – repart comme je l’y ai encouragé plusieurs fois. J’ai mal, j’ai peur que mon genou ne tienne pas, je suis en colère car tout allait bien sans ça, j’avais géré, j’étais pas trop mal placée et là, tout est parti en live. Je téléphone à Chris. Il se doutait bien que quelque chose n’allait pas. Ce qui ne devait être qu’une formalité s’avère être une véritable galère. Il m’encourage, me dit que ça va aller.

Je le revois avec Romain et Claudia dans la descente un peu avant de longer le bord de la rivière. Ça me fait du bien au moral. Je finis comme je peux. Je revois François que je n’avais plus vu depuis le port de Venasque. Il m’encourage, fait un petit bout de chemin avec moi et repart. Juste avant l’arrivée, mes amours m’attendent. Je peste, je dis que j’aurais dû arrêter blablabla, je me suis foutu le genou en l’air blablabla. La vérité, c’est qu’abandonner n’était pas une option et que j’aurais fini en rampant s’il le fallait. Je franchis l’arche soulagée d’en avoir fini et déçue de cette fin de course.

Finisher de La Vesnasque Luchon Aneto Trail

Je suis finisher en 7h40, je l’ai fait et c’est finalement là l’essentiel. Les paysages étaient absolument magnifiques, les bénévoles adorables ; seule ombre au tableau, mon genou en carton !
Reste à soigner ce genou pour pouvoir repartir sur de nouveaux challenges…

Merci à Chris et à mes petits amours d’avoir été présents pour m’assister et m’encourager.
Et voilà, c’est la fin de mon récit. Si vous êtes arrivé jusqu’ici, je vous félicite, vous êtes finisher de ma tartine et ça non plus, c’était pas gagné !

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