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Le festival des Hospitaliers – XXTREM Larzac Cévennes

Récit du TeamOurTrack Jean Lempereur

©FollowOurTrack@Jean Lempereur

Jean Lemprereur, membre de la Team Follow Our Track, faisait partie des starters de l’XXtrem Larzac Cévennes 2019 du festival des Hospitaliers. Cette tout nouvelle course, donnée pour 200 Km et 9000m de D+ est raccourci cette année à 170 Km pour cause d’intempérie, revêtait une importance toute particulière pour notre Ultra-Trailer Jean qui la bouclera en 37h (bravo!).

L’XXtrem Larzac Cévennes se déroule dans une région dont on dit souvent qu’elle constitue la Mecque du Trail en France. Outre le nombre de Trail qui s’y court cette région abrite les plus anciennes épreuves du genre. Le terrain de jeu y est idéal. Paysages qui rappellent les temps médiévaux, souvenir des templiers et des guerres de religions, mais aussi, des parcours sillonnant entre falaises des gorges du Tarn, causses désertiques, passage dans des grottes…

Ces Trails peuvent donner l’impression d’être moins difficiles que ceux pratiqués en haute montagne. Leur ratio D+/distance y est certes moins élevé. Mais ne vous y trompé pas, leur technicité est bien réelle et la nécessité de garder un rythme soutenu tout au long de la course pour éviter les barrières horaires, rendent ces ultra extrêmement exigeant.

Jean (TeamOurTrack) qui vient de vivre deux échecs est parfaitement conscient de tout cela. comme vous allez le lire, il a su réunir toute la motivation nécessaire pour compter parmi les « Finisher » de cette épreuve au long court.

XXtrem Larzac Cévennes, le jour de vérité

En fait, je ne sais pas trop ce que je faisais au départ de cette course. Je venais de vivre deux échecs (Un abandon très dur à digérer à l’Andorra Ultra Trail et un Do Not Start au Grand Raid des Pyrénées).

Je savais en tout cas très bien ce que j’avais l’intention de faire pendant cet ultra-trail. Je voulais prendre ma revanche dans un environnement que j’appréciais plus que tout, les Causses, loin de la foule des grands rassemblements estivaux.

La tempête a balayé tout le sud de la France quelques jours avant le départ et si je n’ai pas eu de doutes quant à une éventuelle annulation, j’en avais sur l’état du terrain.

Donc, après une bonne nuit à Millau et avoir récupéré mon dossard la veille du départ et le dépôt de 2 sacs d’allégement, je me retrouvais au petit matin au centre de Nant…. J’apprenais à ce moment que la course venait d’être réduite à 170 km et non 200 km comme prévu initialement.

Le départ a été donné au crépuscule sans qu’il ne fasse trop froid. Le fait de quitter la route 2 kilomètres après était pour nous le signe que le Trail commençait vraiment.

Le festival des Hospitaliers - XXTREM Larzac Cévennes
©FollowOurTrack@Jean Lempreur

Dès les premiers kilomètres ça attaque fort

Les 60 premiers km s’annonçaient assez roulants. Sauf qu’aux alentours du vingtième kilomètre, je ressentais une vive douleur au niveau de la cheville gauche. Un peu plus loin, 1er ravito  (eau et petits gâteaux apéro en guise de petit déjeuner). Je prenais le temps de regarder ma cheville qui avait un peu gonflé après ces quelques kilomètres. Malgré cela, ma crainte de devoir abandonner s’est estompée progressivement.

Après ce repos bien mérité, je suis reparti avec Philippe, un coureur de mon club. Le soleil est venu inonder le Causse. C’est un beau voyage jusqu’à la Couvertoirade, entre forêts et sols sableux. Le parcours était simple sans trop de difficultés apparentes. Apres avoir traversé ce beau village fortifié et vécu une montée digne de Zegama, je suis finalement arrivé au ravitaillement du 45ème km en 6 h. Il est donc 13h.

17 kilomètres plus loin, je suis arrivé à Alzon et je me dirigeais vers l’Est et la Lozère après 8h40 de course. La fatigue a commencé à pointer son nez en milieu d’après – midi alors que la longue montée vers le mont Saint Guiral était devant moi.

3h plus tard et un peu moins de 1000m de dénivelé positif plus loin, j’étais au pied du Saint Guiral. La nuit tombait et je m’engageais avec d’autres coureurs sur une boucle d’environ 10 km sensée compenser les kilomètres perdus. Il s’agissait d’un long chemin forestier sans intérêt, nous regagnions le point de ravitaillement qui ouvrait cette boucle, 1h30 plus tard.

Au loin L’ascension du Mont Aigoual

J’atteins Dourbie, au 90ème km, en 14h15 de course. Les 30 kilomètres suivants devaient me mener au Mont Aigoual. Je me retrouvais dans une salle des fêtes en pleine nuit. Là, mon copain Philippe déclare forfait à cause d’un genou en vrac. Je pensais trouver un dortoir mais rien. J’ai alors improvisé un couchage entre deux rideaux de l’estrade qui m’avaient permis de somnoler environ 1h30.

Repartir dans la nuit, saisi par le froid, avec une belle montée de 350m D+ est toujours très motivant. Après 20 heures de course, je me dirigeait vers L’Espérou, (109ème km). Sur place, j’ai trouvé de quoi dormir : Un tapis de gymnastique et pas de couverture. C’était très roots mais il fallait bien que je dorme. J’ai tout de même mangé avant de m’endormir pour digérer pendant mon court sommeil.

J’arrivais au sommet du mont Aigoual au petit matin, après 24 h de course. Il y avait quelques cueilleurs de champignons et quelques coureurs avec lesquels j’ai pu partager un bol de soupe à un point de ravitaillement. L’air était particulièrement frais. Mon rythme biologique avait repris le dessus, de quoi me motiver face à cette nouvelle journée qui s’annonçait. Direction Saint Sauveur Camprieu au 133ème km.

Il était 10 heures du matin, il restait un marathon. C’était pourtant sans compter les surprises du tracé ! Au village de Trèves, un passage se révélait assez délicat. Il s’agissait du single track qui s’enfonçait dans une vallée très étroite. La descente était trempée et très abrupte dans les rochers. Nous avons par la suite longés un torrent chargé des pluies des jours précédents. Cela demandait beaucoup de concentration surtout après 30 heures de course où les questions inutiles affluaient. Je devais alors lutter pour regarder mes pieds et me focaliser sur le ravitaillement tout proche.

Dernière ligne droite pour le festival des Hospitaliers

Le festival des Hospitaliers - XXTREM Larzac Cévennes
©FollowOurTrack@Jean Lempereur

Trèves, petites salle des fêtes mais tout pour bien manger ! La soupe est devenue un rituel avec de la crème de roquefort dur un belle tartine. Rien de tel pour entamer l’après midi. Le soleil était avec les coureurs. Il restait en tout 20 km et un ravitaillement. Je connaissais le chemin et m’engageais sur le sentier en balcon qui menait, après un tape cul de 150m D+ ( en 1km environ), en longeant le bord du Causse,  en surplomb de Cantobre. Redescente, remontée sèche jusqu’à ce village perché sur son rocher, et les bons gâteaux du ravito. Un coureur de l’Ultra a abandonné à coté de moi, ses pieds détruits. Il ne restait pourtant plus que 10km après 35 h de course.

Je suis reparti plus motivé que jamais avec un autre trailer, Frederic (@ptit_boisse), qui m’a encouragé sur cette dernière ascension (près de 400m de D+ sur 4 km). Une fois la nuit tombée, j’ai entendu le speaker, il y avait des coureurs des autres distances avec moi.

Sur la dernière descente, j’ai enfin lâché les chevaux, enfin ce qu’il en restait. Peu importe que les cailloux roulaient sous ma semelle j’étais Finisher de cet XXLC du festival des hospitaliers en 37h !

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