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Ultra-Trail du pas du diable, authentique et sauvage

Un vrai parfum d’aveyron

©Instagram@tonioelcono

Course aveyronnaise que l’on pourrait qualifier d’intimiste au sens positif du termes, « L’Ultra-Trail du Pas du Diable », est la dernière extension du bien connu « Trail du Roc de la Lune ». Ce Trail souffre peut-être de sa jeunesse en termes de réputation auprès des ultra-trailers mais le jeu en vaut la chandelle. En effet, si « l’Ultra-Trail du Pas du Diable » ne détient pas tous les records (125 km, 7000 mètres de dénivelé pour une barrière horaire de 33h), il est unique en son genre.

Bien plus qu’un ultra-trail, il s’agit d’un défi posé par le Diable en personne ! Les coureurs ont pour challenge de le pourchasser jusque dans son repère, le Pas du Diable !

Vous l’avez compris, outre l’enjeux sportif cette course située en pleine campagne aveyronnaise offre aux plus imaginatifs d’entre nous, par son authenticité et la petite histoire qui l’accompagne, la possibilité de s’élancer dans une petite « croisade » tel un chevalier moyenâgeux à la poursuite du « mal ».

Teaser Youtube du Roc de la lune

Blague à part, cette course arrive très tôt dans la saison (en avril), elle représente donc aussi, pour tous ceux qui s’aménagent une trêve hivernale, une magnifique course de préparation.

L’Ultra-Trail du Pas du Diable, Des sous-bois et des grottes… 

« L’Ultra-Trail du Pas du Diable » est l’un des quatre Trails du roc de la Lune (« Trail du Roc de la Lune » 36 km pour 2 500 m de dénivelé, « Trail de Saint-Guiral » 86 km pour 5 500 m de dénivelé, et « Trail de Las Cledas » 17 km pour 800 m de dénivelé) qui animent le département de l’Aveyron chaque printemps. Au total, ce sont plus de 1 400 trailers qui parcourent les sentiers aveyronnais dont 350 ultra-trailers pour le seul « Pas du diable ».

Course sauvage, végétation surabondante, relief parfois perdu dans le brouillard, un cocktail totalement dépaysant digne des meilleurs films à suspens où l’on s’attend à voir sortir le diable (ou ses trolls) au détour d’une des grottes traversées.

Cette course a pour particularité d’être composée à 95% de sous-bois glissant et humide.

Vous êtes dans l’Aveyron ! Département qui, pour certains, a inventé le Trail français (voire mondial) il y a plus de trente ans. Loin de la foule des 14000 participants des « Templiers », le « Roc de la Lune » est une course à l’authenticité rare dont le départ est donné dans un magnifique village cévenol (« Saint-Jean de Bruel ») où coule la Dourbie.

Chasser le diable n’attend pas le nombre des années

Ultra-Trail du pas du diable, authentique et sauvage
©Instagram@stephane.orlando

Organisée pour la première fois en 2015 « L’Ultra-Trail du Pas du Diable », peu de choses peuvent être dites sur l’histoire de cet ultra si ce n’est qu’il a toujours revendiqué une filiation avec les épreuves du Challenge UMNT (Ultra Mountain National Tour) qui compte notamment la « Diagonale des Fous ».

Parmi les coureurs sortis du lot sur de cette jeune course, nous pouvons retenir :

  • Patrick BOHARD, recordman du 120 km de 2015 (16h 32min) ; Claire RIMBAULT, recordwoman du 120 km de 2015 (22h 43min).
  • Lionel TRIVEL, recordman du 120 km de 2016 (14h 47min) ; Janick DELVA, recordwoman du 120 km de 2016 (19h 33min).
  • Jérôme LUCAS, recordman du 120 km de 2017 (15h 39min) ; Lucie ARNAL, recordwoman du 120 km de 2017 (20h 28min).
  • Benoit CORI, recordman du 120 km de 2018 (15h 04min) ; Nathalie HENRIQUES, recordwoman du 120 km de 2018 (18h 57min).
  • Xavier SEMEN, recordman du 127 km de 2019 (17h) ; Irina MALEJONOCK, recordwoman du 127 km de 2019 (21h 28 min).

Envie de chasser vous aussi le « Diable » ? :

A la différence des majors aux conditions très strikes d’inscription, « l’Ultra-Trail du Pas du Diable » ne pose pas de conditions spécifiques. Pas de tirage au sort, mais rappelez-vous que seuls les 350 premiers coureurs inscrits pourront participer à la course. Donc, ne tardez pas à vous inscrire !

Comment d’habitude, pour vous inscrire nous vous invitons à vous rendre directement sur le site de l’organisation.

Petite précision, en 2020 l’organisation avait annoncé un retour à une distance de 120 Km pour un D+ de 6500 m.

Si vous franchissez le « Pas »… 

« L’Ultra-Trail du Pas du Diable » se boucle en maximum 33h alors que les meilleurs le terminent en 14h à 17h. Cette course comprend 11 postes de ravitaillement dont 1 base de vie (Dourbies). Des ravitaillements dont un grand nombre reste accessible aux familles et assistances.

Les particularités de cet Ultra-trail peuvent ainsi être résumées : sous-bois, humidité, températures peux clémentes et succession de vallons aux pentes plus ou moins marqués. Le dénivelé positif global n’est pas obtenu par deux ou trois impressionnantes ascensions mais bien par cette succession de petits cols à franchir (1300 m d’altitude maxi) assez exigent tant ils vous obligeront à la relance.

Les premiers Pas du Diable, terrain glissant

Le retrait du dossard et la vérification de l’équipement sont effectués la veille du départ.

Le départ est donné à 24h sur la place du village de Saint-Jean-du-Bruel.

A l’instar de courses comme la « Ronda dels Cims », le départ ne se fait pas dans la cohue générale. Vous aurez donc le temps de vous positionner sur le peloton de course.

Vous attaquerez par une portion peu technique de route de campagne à la sortie de Saint-Jean-du-Bruel. Vous sortirez des sentiers battus pour entamer l’ascension du premier col (400 mètres de dénivelé), une section de monotrace en sous-bois particulièrement glissante. La descente sera tout aussi glissante. Vous répèterez ce schéma deux fois avant d’arriver au poste de ravitaillement de « Trèves » dans lequel vous pourrez marquer une pause. La difficulté sur cette première partie de course sera l’enchaînement de ces trois cols qui pourrait casser votre rythme.

Grotte, corde et échelles, traquer le diable n’est pas simple

Sortis du ravitaillement, vous monterez vers « l’ermitage de Baume Saint-Firmin » (400 mètres de dénivelé), cette portion plus technique (présence d’imposants rochers) vous permettra d’atteindre l’entrée de la grotte de Saint-Firmin. Pour rentrer, vous devrez monter à la corde (et oui) puis emprunter deux échelles, avancez avec précaution car vous risquez de glisser en cas d’intempéries. Le genre de passage très « fun » qui peuvent toutefois vous vider si vous ne le gérer pas correctement.

A la sortie de cette grotte, vous déboucherez sur un magnifique point de vue sur les « Gorges de Trevezel », si le temps est de votre côté, profitez du paysage pour prendre quelques photos.

Descente vers le poste de ravitaillement de « Le Roquet » par des chemins de randonnée étroits. Section pas très technique mais glissante et rocailleuse dans laquelle il vous faudra essayer de garder du rythme.

Attention : après ce ravitaillement, vous devrez passer dans un boyau ! plié en deux ce n’est pas ce qu’il y a de mieux mais ça ne dure pas longtemps.

Et dans les entrailles de la terre, le Diable…

Ultra-Trail du pas du diable, authentique et sauvage
©Instagram@stephane.orlando

Très rapidement vous enchainerez sur une section de chemins forestiers longeant des ravins. Aucun souci, les chemins sont larges. Honnêtement c’est beau ! et encore plus s’il n’y pas de brouillard.

Désormais vous êtes dans le grand nord (ou presque pour ceux qui croit au diable) et si vous ne courez pas sur la steppe vous avancez sur de la bruyère qui s’étend quasi à perte de vue. Ce passage peu technique vous amènera sur « l’Abîme de Bramabiau ».

Véritable clou de la course « l’Abîme de Bramabiau » est à la fois un gouffre d’où surgit une rivière (la rivière du Bonheur), une divinité sacrée pour les hommes préhistoriques, et une grotte que vous devrez traverser à la lueur de votre frontale. Ne soyez pas surpris si vous devez vous rhabiller. Il fera froid.

Autre particularité, entre l’entrée et la sortie de cette grotte vous prendrez 300 mètres de dénivelé. Prenez des photos (c’est magnifique) mais regardez où vous mettez les pieds, le chemin est glissant à cause de l’humidité.

Vous l’avez compris, nous sommes ici dans le « Pas du Diable », également appelé « Entrailles de la Terre » par les habitants de la région.

Si le diable vous a laissé en paix (😊) vous rejoindrez le poste de ravitaillement de « Camprieu » (42 km), un gymnase dans lequel vous pourrez vous restaurer aux côtés de votre famille.

La Dourbies sauvera peut-être votre âme ?

Après le ravitaillement, vous emprunterez des chemins de forêt. Les racines et pierres que vous rencontrerez rendront peut-être votre progression difficile.

Sortis du sous-bois, vous devrez grimper sur des rochers puis traverser une rivière, partie particulièrement technique de la course.

Vous enchaînerez par l’ascension vers la base de vie de « Dourbies » (600 mètres de dénivelé), la montée est très abrupte mais vous pourrez profiter d’un magnifique paysage à l’arrivée (si vous le voyez). En effet, il n’est pas rare d’être cerné par le brouillard dans cette monté. Cette monotrace est très technique et nécessitera de votre part une bonne dose de lucidité notamment pour ne pas vous perdre si le brouillard s’invitait.

Vous descendrez ensuite vers « Les Laupies » (200 mètres de dénivelé négatif), section de sous-bois pas très technique mais glissante.

Ensuite, vous monterez vers le « Lac des Pises », portion là aussi pas très technique, certains pourront peut-être mettre du rythme sur cette portion. Une fois en haut, vous pourrez admirer ledit lac, particulièrement beau à cette période de l’année, prenez donc une photo !

Saint Guiral, point encore de salut

Vous continuerez par la descente vers « Le Cambon », section en sous-bois très glissante que vous aurez sûrement à traverser de nuit, faites attention.

Avant d’arriver au poste de ravitaillement de « Aumessas », vous devrez gravir une petite montée (300 mètres de dénivelé) sans grande difficulté.

A « Aumessas », vous pourrez manger et vous reposer entourés par votre famille.

Vous enchaînerez par l’ascension du « Saint Guiral », point culminant de la course (700 mètres de dénivelé pour une altitude de 1366 m), portion très technique. Vous serez exposés au vent le long de la montée et de la descente, essayez de ne pas trop traîner pour éviter tout problème lié au froid.

Vous pourrez marquer une courte pause au ravitaillement de « Le Villaret » avant d’entamer la dernière partie de la course.

A St Jean du Bruel vous aurez échappé aux pas du diable

Ultra-Trail du pas du diable, authentique et sauvage
©Instagram@tonioelcono

Vous monterez vers le village de « Homs » (300 mètres de dénivelé), ascension pas très technique, agréable à franchir. Vous parcourez environ 6 km sans trop de variation de dénivelé puis vous descendrez vers la mairie de « Sauclières ». (Petit clin d’œil, si le maire est présent demandez lui s’il n’aurait pas des seiches…)

Ensuite, vous emprunterez des routes de campagne amenant au poste de ravitaillement de « Sauclières », portion là aussi peu technique. 

Vous gravirez un col (150 mètres de dénivelé) avant d’entamer votre descente vers Saint-Jean-du-Bruel. La descente sera du sous-bois très glissant où vous devrez faire attention de ne pas vous blesser à cause des racines et des pierres sur votre chemin.

Avant de boucler la course, vous devrez grimper une dernière petite montée (100 mètres de dénivelé) dans la fatigue. Vous êtes bientôt arrivés !

Enfin, vous arriverez à Saint-Jean-du-Bruel par des petites routes de campagne. Lâchez-vous !

Ne partez pas légé

L’organisation de « l’Ultra-Trail du Pas du Diable » autorise l’utilisation de bâtons sur la course. Comme d’habitude, la liste de l’équipement obligatoire est disponible sur le site de l’organisation.

Le climat est capricieux à cette période de l’année. Si vous avez de la chance, vous courez sous le soleil. Mais il est fort probable que vous couriez sous une alternance de la pluie, brouillard, vent et soleil. La course est composée de très belles portions de sous-bois. Ces zones très humides nécessiteront de votre part de choisir des chaussures au grip adapté au surface glissante.

Vous devrez également prévoir des vêtements chauds en surcouche de votre équipement initial. On ne le répétera jamais assez l’hypothermie est possible sur ce type de parcours et constitue un réel danger pour tout trailer.

Enfin, pensez à bien isoler de l’eau vos affaires de rechanges dans votre sac.

Qui pourra vous suivre sur la course ? 

« L’Ultra-Trail du Pas du Diable » est une course intimiste, votre famille ne pourra suivre votre progression qu’en étant sur place. Cependant, si le cœur lui en dit elle pourra vous voir à chaque poste de ravitaillement. Vous n’êtes pas en montagne et le tracé reste très accessible.

Comme sur chaque ultra-trail, votre progression sera enregistrée grâce au balisage GPS.

Ultra-Trail du pas du diable, conseils et préparation 

Si vous en avez la possibilité, essayé de bien travailler vos changements de rythme entre monté seiche, descente en contrôle et partie plus roulante.

De la même façon, rechercher des terrains humides votre sur certaines portions boueuses. Les descentes dans ce type de contexte doivent être prises très au sérieux. Il vous faudra donc travailler votre proprioception (gainage et exercice d’équilibre) et sélectionner une paire de chaussure vous donnant une très bonne assurance ou stabilité sur ce type de terrain.

Nous vous recommandons également de participer à plusieurs trails pour vous habituer à la technicité que vous rencontrerez sur « l’Ultra-Trail du Pas du Diable ».

Courage, vous réussirez à vaincre le Diable !

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